GOD is POP /// by Stéphane Guillerme

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18 Rajesh Kumar Pal, tattooist in Manikaran


RAJ dans sa boutique  //  Raj in his shop

 

Rajesh Kumar Pal « Raj colour », Raghunath mandir, Manikaran.

 

Originaire de Muzzafar Nagar en Uttar Pradesh, Rajesh « Raj » Kumar Pal a toujours été de la route, de ces destins accrochés aux mouvements des melas (fêtes religieuses), la maison c’est le monde, le toit les étoiles, seul puis en famille. Voici 19 années qu’il a commencé ce métier, une destinée qui commença très jeune selon lui : « J’étais plutôt bon en dessin à l’école primaire ». C’était écrit, il allait écrire à l’encre, parfois meurtrir à l’encre mais notre vision du beau, du bien fait, est tout relatif et pour beaucoup d’indiens, le résultat graphique d’un tatouage n’est pas essentiel car le fond est plus important que la forme, et souvent ce sont encore les dieux de l’Inde qui sont choisis par le client. Pour Raj aujourd’hui, à Manikaran, le sujet est souvent tout autre car sa clientèle majeure est la communauté sikh. Centrés vers leur propre culture mais aussi tournés vers les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Europe, l’Australie, cette communauté prospère est plutôt très « American way of life », les jeunes mâles adorent le tatouage branché, les lunettes de soleil et le style à la « Yoyo Honey Singh ».

 


 Ils se font tatouer en tout premier lieu le kandha (symbole sikh) mais aussi tout ce qui sera tribal pacifique, le nom de leur girlfriend ou le leur aussi. Ils se feront un lion (les sikhs tout comme les rajpouts hindous rajoutent le nom Singh à leur patronyme. Singh veut dire LION, symbole utilisé par ces deux grands groupes historiquement guerriers). Ils adorent le tatouage (Voir AMRITSAR  2011 & MANJEET TATTOOZ 2012) et le tatouage ne le leur rend pas forcément …

Raj ne le leur rend pas forcément non plus ! Mais bon, tant que le client est satisfait, et c’est bien ce qui se passe me semble-t-il. Dix – neuf ans qu’il a commencé à tatouer sur les melas puis voici une dizaine d’années il a pris cet espace bâché dans le centre de Manikaran, il y passe six mois et passe le reste de son temps chez lui, vers Haridwar, se faisant de temps en temps une mela, principalement au Penjab voisin,  prospère et où la clientèle est toujours au rendez-vous. Raj a voulu et veut toujours sa liberté, celle de changer d’endroit quand bon lui semble, de plier sa caisse dans l’instant et retrouver le mouvement … maintenant avec femme et trois fils. Mais la liberté est avant tout un état d’esprit, une inspiration habitant notre ADN.

Raj tout comme la majeure partie de ces itinérants un peu précaires ne se soucie pas trop de l’hygiène même si il change l’aiguille de sa « desi » (locale, faite maison) machine ou de ses machines américaine et chinoise. En attendant l’encre est déversée dans des bouchons en plastique jamais jetés entre deux clients, les machines ne sont jamais stérilisées d‘aucune façon, rien ne me paraît bien stérile. Le pèlerin ira faire sa crise plus loin. Si tu as dix roupies en poche tu peux déjà te faire tatouer ton initial (combien coûte une aiguille stérile ? Est-elle vraiment si « à usage unique »?), mais je te conseillerai d’aller plutôt t’acheter un gâteau ou une sucette.

Ainsi soit-il !

 

   

Raj & fils  //  Raj & son

 


 

 

Matériel // Material

 

 

 Le catalogue, déclencheur des passions :)

The catalogue that frees the passions :)

 

 

Originally from Muzzafar Nagar in Uttar Pradesh, Rajesh « Raj » Kumar Pal has been built for the road, part of these destinies hooked on the movements of the melas (big holy fair), the house it’s the world, the roof the stars, alone and then with family. Nineteen years back that he started this job, a destiny that started young he said : «I was rather good at drawing when at school ». It was written, he was on his way to write with ink on the skin, sometimes harming it but our vision of beauty, of well-made, is very relative and for many Indians the graphic result isn’t essential because the meaning is more important than the outlooking, and it is still often the gods of hinduism that are often choosen among the clients. For Raj, today, in Manikaran, the designs choosen are partly different as his main customers are from the sikh community. Centered on their our community but also turned towards the States, England, Europ, Australia, this properous community is rather « American way of life », the young males love the fashionable tattoos, the sunglasses and the « Yoyo Honey Singh » style (LIEN VIDEO). First of all design is the kandha (famous sikh emblem) but also whatever would look like a tribal (from elsewhere than India :), the name of their girlfriend or their own. They also will get a lion (the sikh as the rajasthani rajputs add Singh to their family name. Singh means LION, symbol used by both of these historically warriors’clans). They love the tattoo art (See AMRITSAR 2011 & MANJEET TATTOOZ 2012) and in return the tattoo doesn’t really give the right change !

Raj doesn’t really either ! Well, as long as the customers is satisfied …., and to me that’s what seems to happen ! Nineteen years that he started tattooing on melas then ten years back he took this plastic shop in the center of Manikaran, he spends six months here and six months in his house, near Haridwar, doing once in a while a mela, mainly in the properous neighbouring state of Punjab, the customers is always on time there.

Raj ever wanted to preserve his liberty, the one to change place whenever he feels like, to take his tattoo kit and go back to the movement …. now with wife and three sons. But freedom is before all a state of mind, an inspiration that lives in our DNA.

Raj, as well as all these precarious nomadics does not bother too much about hygiene even if he changes the sewing needles of his desi (local, hand-made) machine or his american and chinese machines. Inks are poured in cups that he never throws, not even washes, machines are never sterilised, nothing looks sterile anyway. The pilgrim will do his illness further away. If you have ten rupees in pocket, yet you can get your initial (how much cost a sterile tattoo needle ? Can it really be a « one time needle » ? ), but I would rather suggest you to buy a cake or a lollypop.

Amen !

 

   
En fait Babbu est heureux de son nouveau tattoo. Mieux qu'une gourmette, non ?

In fact Babbu is happy of his new tattoo. Better than a chain bracelet with name, no ?

 

  
Les sikhs adorent se faire tatouer le Kandha et le prénom de leur amoureuse :)

The sikhs love to get the Kandha tattooed as well as their girlfriend's name :)

 


 Mais le Kandha est avant tout  //  But the Kandha is first

 


 Un client de Raj qui vient de se faire tatouer le prénom de sa copine "Devki" + ses propres initiales CL, puis I L U (I love you)

A customer of Raj who just got tattooed the name of his girlfriend "Devki" + his own initials CL, then I L U (I love you)

 

  

Un client de Raj de la petite commune de Malana, une des plus anciennes démocraties de la planète. Voir MALANA

A customer of Raj from the small village of Malana, one of the oldest democracy of our planet. See MALANA

 

  
Il a eut son tribal choisi dans l'instant sur les murs de la guittoune de Raj.
He got his tribal tattoo choosen quickly on the walls of the plastic tent of Raj.

 


 

 


 Il entraine son ami dans l'aventure artistique ...

He drags his friend in the artistical adventure ...

 


 Le début  //  The beginning

 


 La fin  //  The end

 

 

 

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03/06/2013
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