GOD is POP /// by Stéphane Guillerme

GOD is POP      ///       by Stéphane Guillerme

06 Kerala / Kannur 10/11/2011

NOSTALGIE DéPLACéE

Inappropriated nostalgia

 

 Rue de Kannur, montage réalisé à partir d'une vingtaine de photos.

 

Street of Kannur, it's made from about 20 pictures.

 

Face au fracas des vagues d’assault lancées du ciel, que faire d’autre que de fuir ? Même pour un breton c’est ça ou finir en champignon, que l’on appelle aussi mycose (désolé pour ceux qui mangent). J’ai regardé le rapport météo d’aujourd’hui et pas la peine d’avoir été intime avec Evelyne Dhelia pour comprendre que là où il faut aller c’est là où c’est pas blanc. J’ai donc lavé mes lunettes (tout finissait par être blanc), pris ma loupe et analysé avec sérieux :) la situation. A l’Est c’est la fuite vers le large du golfe du Bengale mais j’ai oublié ma bouée, vers le Sud c’est la côte avec ses plages et ses villes pluvieuses, vers l’Ouest (c’est la Bretagne) c’est la campagne puis les monts Nilgiri, humides et humides. Pas envie d’être humide autrement qu’en sortant d’une eau à 25°. Il reste plus que fuir au Nord, et ça c’est chouette car vers le Nord il y a l’Orissa (again and again) et toutes ses tribus tatouées, puis le Chattisgarh voisin. Du tatouage du sol au plafond.
Mais avant ça un petit tour au-delà des monts Nilgiri, plus à l’ouest sur la côte du Kerala, à Kannur, un des endroits les plus en pointe pour l’apprentissage de la médecine ayurvedique, ainsi qu’épicentre de la culture du théâtre Theyyam.
Le point de départ pour ce trip de 13 heures fut la gare ferroviaire de Central à Chennai. 20H30 le train décolla en douceur. Dans le wagon Sleeper 2ème classe, chacun avait sa place et ce fut rapidement que chacun trouva sa position horizontale, plutôt antalgique pour des pieds épousant la chaussée défoncée du quartier Triplicane, quartier populaire et populeux jouxtant la plage des loisirs dominicaux pour citadins pris dans un modèle occidentale assez oppressant. Ceux qui cherchent le nirvana, passez votre chemin.
C’est donc en train que nous allions continuer notre quête, du nirvana, d’un endroit sans pluie et des tatouages qui se font assez rares dans le Sud. Treize heures de train plein ouest, les kilomètres défilant dans le noir des paysages indiens, dans la promiscuité avec nos hôtes en mouvement eux aussi. Le train absorbe l’espace dans le bruit métallique des roues sur les rails, les longueurs s’accumulent, le jour se lève, un paysage de rivières noyant le paysage de rizières et de cocotiers, de maisons moisies le long des voies de chemin de fer se dévoilent à notre vue pâteuse. Kerala, nous y voici. Puis deux, trois heures après le levée du jour, nous atteignons Kannur, sa ville chaotique et sa maison au bord de mer, dont voici un cliché de la terrasse d’où je vous écris. Oui, c’est vrai, je me suis fait la même réflexion que vous : quel dommage qu’il y ait quelques fils électriques entre moi et cette plage, cette incommensurable promesse d’un bonheur aquatique sous ce soleil cuisant. :)
HARE OM



Facing the chaos thrown from the sky, what else to do than to escape ? That’s the solution if you don’t wanna end as a mushroom, that is called also mycosis (sorry for the ones who are eating). I watch the weather report today, and doesn’t need to be in a « menage a trois » with two meteorologists to understand that where you have to go it’s where it is not white. So I washed my glasses (everything started to look white to my eyes), grab my binocular (loupe) and analysed seriously :) the situation. Towards East it’s the gulf of Bengal and I forgot my (bouée), towards south it’s the coastline with its rainy beaches and towns, towards west it’s the countryside then the Nilgiri hills, humide and humide. Don’t wanna be humide unless getting out of a 25° celsius water. Was just left the option to go North, and that’s nice ‘cause towards North is Orissa and its so many tribes well tattooed, and also the Chattisgarh. Tattoos from the ground to the ceiling.
But before this a little tour beyond the Nilgiri hills, on the west coast of Kerala, in Kannur, one of the famous spot on earth for learning ayurvedic medecine and massage, but also an epicenter of the Theyyam culture, kind of human theater where the adivasis are God for a little while.
The starting point of this 13 hours trip is the main Chennai train station : Central.
20H30, the train took off gently. In the 2nd sleeper wagon, everyone found its place and quickly everyone found its horizontal position, rather antalgic for the feet that had to adapt to the totally wrecked pavement of Triplicane, low-middle class and crowdy area sitting next to the beach of the cheerful sunday afternoons for urban indians lost in a western lifestyle (as anyone sharing that urban reality) rather oppressing. The ones seeking for the Nirvana, here won’t be the last stop.
So it’s by train that we were on the pursuit of our goals : Nirvana, places without rain and tattoo that are rather rare in the southern India. Thirteen hours heading West, kilometers being flown over in the darkness of these indian landscapes, in the promiscuity with our indian fellows, in motion them too. The train absorbed the space in a metalic sound of steel wheels over the steel path, lenghts accumulate, day is waking up, a landscape of rivers overflowding a landscape of rice fields and coconut trees, rotten houses along the railways pop up to our asleep sight. Kerala, here we are. Then two or three hours later, we reached Kannur, its chaotic town and its house by the Arabian sea, and here is a picture taken from where I am writing you. Yes, it’s true, I had the same thinking : what a shame that a few wires stripes the sky between me and the beach, limitless promise of aquatic happiness under the burning suns :) HARE OM

 

 

 

 

Depuis la maison


From the house

 

 

 

Train in motion

 

 

 

 

Prêtre Theyyam


Theyyam priest

 

 

 

Dans la luxuriante végétation des alentours de Kannur les ombres blanches des hommes en chemises et longis passent avec indolence dans le vert au milieu des joyeux chants d’oiseaux. La plage en contrebas étend son sable léger et ses minuscules coquillages le long de la Mer d’Arabie, quelques pêcheurs rafistolent leurs filets et leurs enfants apprivoisent dans la joie l’élément aquatique. Le soleil éclatant dans le ciel d’un bleu mono ton chauffe l’air mine de tout. Les habitants de ces régions n’auront jamais l’immense plaisir de connaître un jour la polaire – 10° C de chez Décathlon. A moins de finir émigré au-delà de la Loire ou du triangle des Bermudes.

Ici, dans la brise tiède, les secondes défilent, les heures s’oublient, les jours ont la valeur de ces instants vécus au présent. Le monde peut s’écrouler que nous ne l’entendrions pas, pris dans la mécanique de nos vies fluides.


In the luxurious vegetation around Kannur the white shadows of men wearing shirt and longi pass along with indolence in the green and among the singing of joyful birds. The beach, just down the path, spread its light sand and its tiny sea shells along the Arabian Sea, a few fishermen are patching up their fishnets and their kids tame happily the aquatic element. The bright sun in a mono tone blue sky heats the hot yet air. The inhabitants of such area won’t ever be able to enjoy a – 10° Celsius polar jacket, unless migrating far way north. Here in the light wind, the seconds go by, forgotten the hours, days get the value of the present living moments. The world could fall apart that we would not hear it, trapped in the mecanic of our fluid lives.


08/11/2012
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