GOD is POP /// by Stéphane Guillerme

GOD is POP      ///       by Stéphane Guillerme

09 Almora - Uttarakhand 18/02/2013

Sachin, chai-wallah de Haldwani, sud de l'Uttarakhand. Derrière lui à gauche, une vieille affiche de cirque et à droite une affiche de film A. Ce genre inclue les films dits "érotique" ainsi que les films violents (et tout est relatif). Généralement lorsqu'il n'y a que des écritures il s'agit d'un film "érotique".

Sachin, chai-wallah from Haldwani, south of Uttarakhand. Behind him on the left you can see a circus posters in a slow process of destruction, and on the right a A rated movie. This category includes the so-called "erotic" movies as well as the violent ones (everything is relative). Usually when only typography is visible it is an "erotic" movie.

 

On me demande si je ne m’ennuie pas parfois lors de ces voyages de plusieurs mois. Non je ne m’ennuie pas, ou quasiment jamais, ou moins que lorsque je suis en France, sédentaire :)

Ce qui m’ennuie généralement c’est de rentrer à la maison et de quitter cette vie informelle, cette «bohème» où l’on se nourrit du Temps qui passe et des expériences qu’il charrie.

Alors pour ne pas avoir le temps de m’ennuyer et suivre le cours de mon Temps, je suis parti de Rishikesh, direction les montagnes sèches d’Almora, plus loin vers l’est, à quelques kilomètres mais à beaucoup d’heures de bus. Tellement d’heures qu’une journée de bus ne suffit pas à couvrir la distance d’environ 300 kilomètres qui sépare les deux villages.

Donc j’ai fait une pause à Nainital, 60 kilomètres avant Almora, village entourant un lac de montagnes (on est à 1.900 mètres d’altitude), et anciennement refuge - villégiature anglais, du temps du Raj britannique. Aujourd’hui c’est un lieu de vacances pour indiens aux heures les plus chaudes de l’année, aux heures où le soleil fait mousser la salive et que la chaleur te laisse humide d’une douche à l’autre, de Delhi jusqu’à KanyaKumari. Le lac Naini (Nainital en langue autochtone) est entouré de montagnes, une promenade l’encercle et le paysage s’agrémente de maisons de style colonial en minorité et des cubes de béton en majorité. Le temps fait et défait à son gré.

Puis Almora au bout de ma route. Une histoire vieille de huit ans me lie à cet endroit et je n’y étais toujours pas venu. Voici huit ans que mon premier livre est sorti dans cette, alors, nouvelle maison d’édition au nom qui me rappelait des souvenirs de moutarde et de frites:) C’est comme ça, j’ai la culture générale un peu culinaire.

Pierre Feuga, le co-fondateur d’Almora (avec Claude Bard, éditeur de La Musardine) aimait cet endroit et voici d’où vient l’origine du nom de cette (excellente) maison d’édition (voir LEUR SITE).

Perchée sur son flanc de montagne, Almora, multicolore, s’étale au soleil en cette belle saison. L’artère principale n’a guère d’intérêts pas plus que de charme : bruyante et chaotique, poussiéreuse et cabossée. Par contre en contre-haut de la ville, parallèle à cette artère il y en a une autre, commerçante et piétonne. Beaucoup de façades de maison sont encore anciennes, parfois peintes d’extravagantes et flashies couleurs. L’ivresse des hauteurs peut-être, ou plutôt le rhum de contrebande qui sait distiller dans le cerveau des consommateurs d’étranges idées. A ne pas manquer (l’artère, pas le rhum) si vous vous déplacez un jour jusque dans ce recoin du monde. Au loin se dessinent quelques montagnes himalayennes aux sommets enneigés, et un meilleur point d’observation se trouve à 8 kilomètres : c’est le village de Kasar devi, où se trouve un temple du même nom. Cette crête est un endroit idéal pour se laisser submerger par l’émotion d’un tel paysage, d’une telle puissance de la Création, petit dans mes yeux et si gigantesque, si proche et si lointain. Minuscule face au giga et pour ne pas perdre l’équilibre, tu repenses à ton brossage de dents matinale, le dérisoire recentre.

Et pour finir totalement de me recentrer, le soir même je reprenais un bus pour Delhi. C’est bon l’équilibre.

 

Sachin faisant son tchai (thé indien au lait indien :) sur sa boutique ambulante. Sur le mur derrière lui on peut voir une superposition de vieilles affiches. On dirait que l'alien nous rend la vie dure ...

Sachin making some chai (indian milk tea) on his mobile stall. Against the wall, some superposition of old posters. Looks like the alien is giving us some hard time ...

 

 La promenade qui encercle le lac Naini, autrefois endroit de villégiature des cadres

du Raj britannique.

The walk that goes around the lake Naini, in the old days holiday spot for

the executive of the British Raj.

 

 Le lac Naini et de vieilles batisses anglaises // The Naini lake and some old british buildings

 

 De multiples habitations colorées agrémentent le flanc des montagnes entourant le lac Naini. C'est le genre d'endroit qui te rappelle à ton arrivée que tu as des muscles dans les jambes !!

Many colorful buildings decorate the slopes of the mountains that surrounds the Naini lake.

It's the kind of places that reminds you quickly that you have muscles in your legs !!!


 

I AM SOMETIMES ASKED if I get bored while being on these long journeys. No I never get bored, or almost never, or less than while being settled in France :)

What bores me usually, it’s going back home and to leave behind this informal life, this «bohemia» where we get fed by the Time that passes through our beings, we get fed by the experiences that Time offers to us.

Therefore and to avoid any boredom I left Rishikesh, back on the road again towards Almora, on the eastern side of Uttarakhand, a few kilometers away but a lot of hours of bus trip. So many hours that a day is not enough to link these two cities, at a distance of 300 kilometers one to the other.

So I had a one-day stop in Nainital, 60 kilometers before Almora, village surrounding a mountain lake (Nainital is at the altitude of 1.900 meters high), and anciently .one of the favorite summer place of the Brits during the Raj. Today it’s a Holidays shelter Inn for indians during the hottest days of the year, at the hours when the sun makes the saliva becoming foam and that the heat let us wet from a shower to another, from Delhi to KanyaKumari. The lake Naini (Nainital in local language) is dominated by mountains, a promenade surrounds it tightly and the village displays old colonial times houses, in minority, and a lot of concrete cubes as buildings, in majority. Time builds and destroys as he wishes.

Then Almora at the end of my Road. An eight years old story links me to this place and I still did not discover the area. Eight years that my first book got published by this new, at the time, book publisher that got a name that reminded me of french mustard and french fries. French story ...

Pierre Feuga, co-founder of Almora (with Claude Bard, publisher of La Musardine) liked this place so much that they gave Almora as the name of their publishing house (see THEIR WEBSITE).

Clinging on a steep-sided mountain, multi-colored Almora spreads under the sun on this beautiful season. The main street is charmless : noisy and chaotic, dusty and bumpy.

By opposition, uptown, on a street parallele to the main one, you have another street, pedestrian and full of shops. Most of the fronting of these houses are ancient, sometimes painted with flashy colours. The High of altitude maybe, or maybe the contraband rum that distilles funny ideas in the brain of the consumer. Not to miss (the street, not the rum) if you come around here someday in this corner of the world.

Far away some snowy himalayans pics emerge from the blue and a better view spot is 8 kilometers away : it’s Kasar Devi village sheltering a temple with the same name. This crest is a perfect place to let the emotion overwhelming you, cell by cell facing such a landscape, such a power of the Creation, small to my eyes although so gigantic, so close and so distant. Microscopic facing the Giga and to avoid losing the balance, you think about your morning tooth brushing, the insignificant refocus.

And to push the limits of this refocusing a bit further, the same day, evening time, I was catching a bus for Delhi. Balance is good.

 

La vieille poste d'almora date de 1905 // The old post-office in Almora dates from 1905

 

Almora sur son flanc de montagne // Almora on the slope of a mountain

 

Vue des Himalayas depuis Kasar Devi. Dommage c'est nuageux !

View of the Himalayas from Kasar Devi. Shame, it's cloudy !

 

Vue des Himalayas depuis Kasar Devi  //  View of the Himalayas from Kasar Devi.

 

La fille de mon hôte et Steve, un Anglais résidant principalement à Kasar Devi.

The daughter of my host and Steve, a British guy living in Kasar Devi.

 

Mon hôte, son petit-fils et Steve après une puja (rituel religieux).

My host, his grandson and Steve right after a puja (religious ritual).

 

J'ai rencontré un habitant s'étant fait tatouer le temple de Kasar Devi (ça me rappelle l'histoire de l'an dernier avec Bursh'lli, voir ce lien). Vous comprendrez.

I met an inhabitant who got tattooed the temple of Kasar Devi. It reminded me of the last year's story with Bursh'lli in Delhi (see the link). You will understand.

 

Le petit temple de Kasar Devi // The little temple of Kasar Devi


On s'attache à Almora // We tie down (and up) to Almora



22/02/2013
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 40 autres membres